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Les 3 mauvaises habitudes de la créatrice

Comment dépasser tes mauvaises habitudes et assumer pleinement ton activité de créatrice

C’est le week-end, je suis à une soirée avec des amis. Nous grignotons quelques gressins trempés dans une fameuse sauce au thon, au fromage frais et à la ciboulette. Je suis contente, je viens de terminer un manteau, une création unique en velours de laine.

Je suis créatrice de vêtements mais mes amis ne me posent plus de questions sur mon travail. Ce n’est pas leur faute. J’ai toujours évité de parler de mon activité de créatrice. Lorsque j’en parle, c’est avec timidité, il ne faudrait pas que mes amis se sentent obligés de dire qu’ils aiment ce que je fais. Je ne veux pas les mettre mal à l’aise.

Il s’agit d’une des plus grandes erreurs de ma carrière. Et c’est loin d’être la seule. Voici les mauvaises habitudes les plus fréquentes de la créatrice.

1. Ne pas parler de ton activité de créatrice

Cette mauvaise habitude est clairement lié à un manque de confiance ou au syndrome de l’imposteur, souvent présent lorsqu’on est autoentrepreneur.

Le jour ou j’ai terminé mon premier manteau Sadako, je suis restée pantelante devant le miroir. C’était un accomplissement dans ma carrière de créatrice autodidacte. J’avais créé une pièce unique, élégante et originale. Un manteau en plus ! La réussite ultime de toute couturière !

Ce jour-là, j’aurai dû fièrement en parler autour de moi et assumer pleinement ma réussite. Ce modèle a eu du succès mais je suis sûre que si j’avais parlé de lui avec fierté et en vantant tous ses mérites, j’aurai facilement doublé mes ventes.

Tu peux parler de ton travail et de tes créations. Et tu peux le faire avec confiance et fierté, autrement pourquoi veux-tu en faire ton activité ? Cette confiance se transmettra et t’amènera plus de clients.

2. La peur d’être copié

Mon père m’a toujours répété : « les bonnes idées sont faites pour être prises ». C’est resté ancré. Alors bien sûr, cela ne t’empêche pas de déposer le brevet de ton oeuvre même si cela coûte quelques dollars.

Seulement, sache que la petite créatrice que tu es, n’a aujourd’hui aucun recours pour te battre contre la grande marque qui t’as piqué ton idée novatrice. Je te conseille de ne pas t’épuiser à penser à cette possibilité.

Et puis cette inquiétude n’est vouée qu’à une finalité : te brider. Alors assume pleinement ta créativité, diffuse largement cette merveilleuse idée en criant sur les toits que c’est la tienne !

Dans les cas de copies que j’ai pu observer durant ma carrière, j’ai remarqué une chose : il est très rare que la personne arrive à faire mieux. Il s’agit souvent de pâles copies sans âme, et c’est souvent ta fidèle cliente qui ira lui dire ses quatre vérités 😉

3. Ne pas savoir fixer ses prix

Ah vaste sujet que celui de fixer ses prix ! Quelle valeur donner à notre propre travail ? Comment rester en adéquation avec le marché et avec ta clientèle ?

Si l’on prend le conseil basique, il s’agit de multiplier par trois le prix de ta matière première puis ajouter le temps passé. Mais ne compte pas inclure tout le temps que tu passes à créer. Surtout en couture, cela deviendrait vite démentielle !

Tu peux te référer aux prix pratiqués par les créateurs dans ton domaine. De préférence ceux qui ont du succès. Ensuite ajuste par rapport à tes propres convictions.

J’ai remarqué que certains créateurs ne veulent en aucun cas revoir le prix et se trouvent sous le choc lorsqu’un client leur demande un geste lors de grosses commandes. De mon point de vue, il faut un juste milieu (rappelle-toi des paroles de Confucius) :

  • Ne laisse pas les clients te prendre pour Zoro ou HorM pour ne citer aucune marque 🙂 Si on te demande les frais de port offerts, plus 10% et un essayage, envoie-les dans les fourrés. Sans parler de ceux qui te demandent en plus de personnaliser !
  • N’hésites pas à offrir les frais de port lorsqu’un client passe une grosse commande. Tu dois le chouchouter pour qu’il revienne vers toi. Lorsque je fais des accessoires, j’aime ajouter un petit cadeau à l’occasion.
  • Tu peux augmenter un peu tes prix lorsque tes produits sont de mieux en mieux maîtrisés et connaissent le succès.

Est-ce que tu entretiens ces mauvaises habitudes ? As-tu d’autres conseils pour les éviter ?

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